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Vendredi 24 Janvier 2020










Chroniqueurs | Isabelle Alonso | Revue de presse |

L’existence des lesbiennes est en soi subversive
TETU.com - 24 avril 2012

vendredi 27 avril 2012 | 12h00 | par Rémy



INTERVIEW. La romancière, essayiste et chroniqueuse Isabelle Alonso a répondu aux questions de TÊTUE à l’occasion de la réédition de son « Roman à l’eau de bleu ». Une ode au féminisme et à la mixité.

Imaginez un monde où les « ils » deviennent des « elles ». Où les femmes détiennent depuis toujours le pouvoir. Où les hommes sont relégués dans les jardins et sont considérés comme de jolies proies que les « coureuses de caleçon » n’ont de cesse de se mettre sous la dent. Ce monde existe. C’est celui inventé par Isabelle Alonso dans son Roman à l’eau de bleu, sorti une première fois en 2002 mais qui est réédité par les Éditions Héloïse d’Ormesson dans une toute nouvelle version, revue et corrigée par l’une des féministes françaises les plus médiatiques de France. L’occasion pour TÊTUE de tranquillement s’installer devant un chai latte avec la co-fondatrice des Chiennes de garde.

TÊTUE : Plus qu’une simple réédition, vous l’avez carrément réécrit ce Roman à l’eau de bleu...

Isabelle Alonso : Je n’ai pas pu résister ! (Rires). Il s’agit de mon premier roman, et, concours de circonstances, on me propose de le rééditer. Je dis oui, évidemment, parce que j’adore ce bouquin ! Du coup je le relis, et alors qu’à l’époque je croyais avoir écrit un roman intemporel, je retrouve dedans des marques et des noms du genre « Bernardine Carpette » qui fleuraient bon l’année 2002. Donc j’ai commencé par changer les noms de famille. Une fois que ça a été fait, ça a commencé à ressembler au syndrome de la moquette de l’entrée. On se dit : je vais la changer et du coup la moquette du salon a l’air toute merdique. Après les murs sont défraîchis et de fil en aiguille, tout y passe. C’est un peu ce que j’ai fait avec le bouquin. J’ai même changé la fin.

Il y a pas mal de trouvailles dans l’écriture, des « il faut » qui deviennent « elle faut » aux situations totalement inversées.

Ce que j’ai surtout inversé, c’est le rapport de domination. La domination masculine devient la domination féminine. Mais ce n’est pas que les femmes viennent de prendre le pouvoir : elles l’ont toujours eu. Elles trouvent normal que dans la vie, les mecs soient des espèces de drag-queens qui se maquillent, s’épilent, portent des talons hauts. C’est eux qui doivent séduire pour survivre. Alors que dans cette société-là, les femmes mettent des toges, se coupent les cheveux, s’en foutent. C’est elles qui choisissent et décident.

Je n’ai pas voulu faire des femmes des amazones guerrières, agressives, je trouvais que cela n’avait pas de sens. Je me disais seulement que si les femmes avaient toujours eu le pouvoir, eh bien, elles auraient aménagé le système à leur mesure à elles. Je trouve ce monde que j’ai inventé très cohérent et malheureusement aussi injuste et aussi attentatoire aux libertés que le système dans lequel on vit maintenant. Ce roman est un plaidoyer pour la mixité.

Et dans ce monde-là, les « hoministes » se font mal voir...

Les hoministes, on se fout d’eux, clairement ! On leur dit : « Oh la la, on ne vous a jamais dit que vous étiez vilains quand vous étiez en colère ? ». Ou encore : « La paternité ? Ça leur prend deux secondes de faire un enfant ! Nous, ça nous prend neuf mois, ensuite il faut mettre au monde les enfants et puis après il faut les élever, bref c’est du temps, donc les hommes ne peuvent pas se projeter dans l’avenir. Comment voulez-vous qu’ils sachent gérer la société ? Ce serait catastrophique ! » Derrière leur goût affiché pour les garçons, en fait les femmes les méprisent... Suivez mon regard !

Vous vous êtes également amusée avec ces fameuses professions qui, dans notre langage, n’existent pas au féminin...

Oui, on n’aime pas, dans cet univers, la masculinisation de noms de fonctions. On trouve que le mot « écrivain » est un peu ridicule alors que c’est « un écrivaine », quoi ! Que c’est ridicule de dire « pompier » et qu’on dit « pompière », point. Que la forme masculine est incluse dans le féminin, comme un fœtus est inclus dans le corps de sa mère, et que ce n’est donc pas la peine d’en faire toute une histoire. C’est juste biologique. Je suis toujours très frappée, personnellement, par les tentatives de justifier la violence a posteriori par la biologie : « C’est comme ça, c’est la nature ! » Ce n’est pas la nature, c’est la brutalité.

Vous vous êtes inspirée de vraies réflexions que l’on a pu vous faire ?

Bien sûr, j’ai participé à pas mal de discussions là-dessus et oui, j’ai eu face à moi des arguments que je trouvais tellement idiots que je me suis fait un plaisir de les transposer. Et je me suis même payé l’ironie savoureuse de pasticher un véritable article du Figaro écrit par Maurice Druon. Un grand moment parce que j’ai juste pris ce qui avait été écrit et je l’ai retourné. On voit à quel point c’est grotesque.

Avez-vous l’impression qu’il y a une baisse de la garde ? Que même les femmes se disent qu’il n’y a plus besoin du féminisme aujourd’hui ?

Enormément. Je trouve le territoire du féminisme extrêmement mouvant. On a le sentiment qu’on avance sur certains plans. Il y a par exemple deux fois plus de députées à l’Assemblée nationale aujourd’hui qu’il y a dix ans. Bon, c’est un petit peu lamentable que plus de dix ans après la loi qu’on a somptueusement baptisée loi de la parité, on en soit à 20% de femmes à l’Assemblée. Ce n’était donc pas une loi de la parité !

Sur le plan de la sexualité par exemple, qui est un domaine où les femmes ont été brimées au dernier degré, on est passé de l’interdit à l’obligatoire. On n’est jamais passé par le point d’équilibre où les femmes ont juste le droit de faire ce qu’elles veulent, sans jugement moral et en fonction de leur propre désir. On est passé du tabou de la virginité, du scandale des naissances hors mariage, à l’obligation de jouir comme une démone, d’être un diable au lit et ce dès l’âge de 15 ans. Là, il y a un recul évident car il n’y a plus aucune autonomie de la part des femmes.

Et quid du vieux cliché féministe=lesbienne ?

Pour moi, être féministe c’est une option politique. Je n’ai jamais vu le rapport avec le fait d’être lesbienne ou hétéro. Je suis ravie quand il y a des lesbiennes féministes, maintenant, il y a des lesbiennes qui ne le sont pas du tout. Et pour cause. Je ne vois pas pourquoi le fait d’être lesbienne entraînerait automatiquement cela. Ça entraîne sûrement une expérience particulière de la vie qui pousse à être plus du genre à se poser des questions sur le système dans lequel on vit. Pour autant, ce serait trop beau s’il suffisait d’être brimé dans sa vie pour devenir radical. Ça ne marche pas comme ça ! Mais évidemment, le simple fait que les lesbiennes existent est en soi totalement subversif !

Subversif ?

Oui, parce que dans notre société, le fait de se passer des hommes ce n’est pas prévu ! Il faut dépendre des hommes. Si ce n’est matériellement, au moins affectivement et sexuellement. Alors du coup, voilà des femmes qui ont tout en main pour être libres. Elles sont encore soumises à la loi du marché pour le boulot, les salaires et tout ça, évidemment, mais elles échappent quand même à tout un pan de l’aliénation. Rien que ça, c’est vécu comme un truc marginal et subversif.

C’est pour ça que le préjugé habituel contre les féministes se double habituellement de : les féministes sont forcément laides et donc forcément lesbiennes. Vous pensez bien que si les hommes s’intéressaient à elles ou si elles s’intéressaient aux hommes, elles n’auraient aucune raison d’être féministes ou lesbiennes ! C’est la logique masculine dans toute sa splendeur... Enfin ils ne sont pas tous comme ça les mecs, hein ! Mais disons que dans ce qu’on nous oppose, il y a très souvent cette idée de mettre dans un fourre-tout les féministes hystériques moustachues mal baisées et... lesbiennes. C’est ZE cliché.

Le fait d’intervenir dans des émissions de télé et de radio grand public vous permet de glisser des messages à des gens qui n’auraient peut-être pas accès à ce style de pensées...

Complètement. Avec la télé, les gens ont une certaine image de moi, souvent pas très positive. Et puis ils lisent mes romans, ils s’y intéressent de plus près et disent : « Ah ben finalement, elle est sympa » ; « ah ben finalement, c’est vrai ce qu’elle dit ». Je me suis rendu compte que, même quand on est dans des débats ou des émissions qui ont l’air vraiment mainstream, il suffit de caser une petite phrase de temps en temps et c’est incroyable ce que les gens la captent. C’est très réconfortant. Quand on vient me dire « ça m’a fait me sentir moins seule », ça me fait toujours plaisir. Je me dis : on a l’impression qu’on ne sert à rien (sourire), mais en fait si, quand même de temps en temps ! »

Roman à l’eau de Bleu d’Isabelle Alonso
- Éditions Héloïse d’Ormesson, 384 pages, 18 euros.

Par Myrtille Rambion



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