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Ex-Chroniqueurs | Philippe Tesson | Revue de presse |

Philippe Tesson, gourmet de la vie
La Croix - 21 octobre 2011

mardi 15 novembre 2011 | 12h00 | par Rémy



À 83 ans, l’ancien patron de presse qui a longtemps nourri le rêve de diriger un théâtre écume les plateaux de télévision, où son esprit crépite de malice et de culture.

Philippe Tesson porte ses lunettes à l’ancienne. Sur le front. Un peu à la manière de Pierre Lazareff ou de Pierre Desgraupes. Sa monture pointe vers le ciel pendant que ses yeux bleus vous dardent avec intensité. C’est un des mystères de l’élégance dont ce perpétuel jeune homme de 83 ans a toujours cultivé l’attrait. Avec naturel.

Ses bons mots servis sur un plateau, ses reparties cinglantes, ses emportements joués ajoutent à la séduction de cet amateur de masques, faussement désinvolte, qui a longtemps été un libéral patron de presse, payant des journalistes, dont certains notoirement opposés à ses idées, pour leur offrir la liberté d’écrire.

Il y a quelque chose de délicieusement suranné dans le style de Philippe Tesson et l’on se méprend à ne retenir de lui que l’apparence. Silhouette fine que les ans n’ont pas alourdie, réflexes vifs, plume trop rare, finesse d’analyse, verbe crépitant, rhétorique percutante, goût de la contradiction, un rien de préciosité dans les envolées. Et une culture classique qu’il distille jusque sur les plateaux de télévision, le pire des endroits où en faire état, colonisés par les hercules de foire.

Et pourtant, il y va, vaillamment, impatient de tirer son épée au milieu des disputes parisiennes. Mais qui, aujourd’hui, est encore à sa hauteur ? Il promène son impétuosité de feu follet (« Je suis une grenouille dans un troupeau de vaches », dit-il) parmi de jeunes chroniqueurs qui ne connaissent pas, ou si peu, ou si mal, son parcours et son histoire.

Derrière son beau bureau de la rue des Saint-Pères, à Paris, au cœur du boulevard Saint-Germain qui abrite une maison d’édition et une revue – L’Avant-Scène théâtre –, Philippe Tesson consent à retracer les étapes d’une vie aventureuse qu’il n’avait pas imaginée.

JOURNALISTE D’OCCASION

« Je suis un journaliste d’occasion, venu par hasard dans ce milieu. Ma part légère, hédoniste, ludique, esthétique a trouvé une satisfaction très forte dans le journalisme, cette tribune inespérée pour faire partager ses enthousiasmes et ses passions. Cette position m’a permis de jeter sur le monde un regard panoramique, d’assouvir ma gourmandise de l’histoire immédiate. Ce statut privilégié confère une puissance artificielle dont je profite tout en portant un jugement très relatif sur la légitimité morale de cette activité… »

Né le 1er mars 1928, à Wassigny, dans l’Aisne, Philippe Tesson est resté attaché à sa Thiérache, postée sur les marches du Nord. « J’ai eu la chance d’entrer dans la vie par une filiation, des racines, une terre et le jardinage exemplaire d’une famille qui a su me donner des valeurs, une foi, une intégrité, la tolérance et la liberté. Je suis issu de cette “rêveuse bourgeoisie” qui conduit à une vision assez romanesque de l’existence. Mon éducation m’avait porté vers le respect de valeurs idéales. Mais, à 12 ans, j’ai été confronté à l’épreuve et au traumatisme de la guerre. Rien n’était plus en contradiction avec ce que l’on m’avait enseigné que la débâcle de l’esprit et le spectacle de l’horreur. D’où, depuis, une écorchure et une lucidité, le scepticisme et le doute. »

À la Libération, après Sciences-Po, Philippe Tesson passe le concours de la toute nouvelle École nationale d’administration (l’ENA), sans aller jusqu’au bout. « Je voulais devenir écrivain. Pour témoigner de ma jeune expérience de la vie, dit-il drôlement. À l’époque, je visais la postérité gidienne. » Reçu au très sélectif concours des secrétaires des débats parlementaires, il sympathise avec trois chroniqueurs de Combat , Roger Stéphane, Pierre Boutang et Maurice Clavel… Leur patron, Henri Smadja, est en quête d’un rédacteur en chef.

« Il me cherchait. Il m’a trouvé, commente Philippe Tesson. C’est ainsi que j’ai découvert cet univers dont j’ignorais tout. J’ai tout de suite adoré : on a sous les yeux le déroulé immédiat de l’actualité dans le monde. On en fait sa cuisine d’où sort un produit savoureux : le journal du matin. »

COMBAT CONTRE FRANÇOIS MITTERRAND

Sans le poids de l’héritage camusien, envolé depuis longtemps, le néorédacteur en chef qui n’avait jamais été journaliste va métamorphoser ce quotidien, en lui apportant son sens instinctif, sensuel et intelligent de la liberté. Ouvrant largement les colonnes, y compris aux extrêmes. « Cette impulsion a donné une image nouvelle de Combat à laquelle les événements des années 1960 ont accordé une légitimité », souligne-t-il.

Pendant quinze ans, ses rapports avec Smadja seront passionnels jusqu’à la rupture, provoquée par le fils spirituel. « Le journal périclitait. Il n’y avait plus d’argent. Je lui ai proposé de partager le pouvoir. Il a refusé. Entre-temps, j’avais fondé le Quotidien du médecin, une folie chevaleresque qui a marché très vite, malgré les moqueries. Je voulais perpétuer Combat en le dépouillant de son esprit de sérieux et de sa redondance politicienne. Smadja a refusé. Il pleurait à l’idée que je pouvais l’abandonner. »

L’équipe de Combat suit Tesson qui crée en 1974 Le Quotidien de Paris , « un journal aérien, léger, esthétique, distancié, non engagé, sans légitimité idéologique, politique ou spirituelle », résume son fondateur. Mais au bout de quatre ans, il le saborde. Pour en lancer une nouvelle version : « cossue, charpentée, conventionnelle et très marquée politiquement » .

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, Tesson « positionne » son Quotidien de Paris en journal de combat contre François Mitterrand. « Il y avait certainement un calcul, convient-il, mais aussi une opposition très forte à ce que je considérais comme un retour à la IVe République… »

« UN JOURNAL NE PEUT ÊTRE DIRIGÉ QUE PAR UN CONTEMPORAIN DE SON ÉPOQUE »

À l’époque, il dirige aussi Les Nouvelles littéraires , fondées en 1922, qu’il a repris pour des raisons très personnelles : « Je cherchais à jeter aux orties cette légèreté qui me pesait. Je rêvais d’un journalisme qui aurait du sens, reposant sur des valeurs. Un journal digne, exigeant, élégant, respecté pour son honnêteté et le choix de ses sujets. Je plaçais tous mes espoirs dans cette noble aventure et j’y ai mis bien plus d’efforts, d’énergie et d’argent qu’on ne le pense. Mais ce fut très vite un désastre financier. Je ne me suis pas découragé. Jusqu’au jour où j’ai rencontré de sérieuses difficultés. J’ai pris de plein fouet l’échec de mon ambition… »

Appelé à la rescousse, Jean-François Kahn le convainc de tout changer. En un an, les ventes passent de 15 000 exemplaires à… 80 000 ! « J’ai alors compris que ses choix, plus pragmatiques, plus réalistes, plus utilitaristes, plus concrets, correspondaient davantage à l’esprit du temps que l’expérience que je poursuivais », soupire son ancien patron. En 1983, après le départ de JFK, Tesson vend Les Nouvelles littéraires, la mort dans l’âme. Le titre n’y survivra pas, liquidé sans gloire, un an plus tard, par ses repreneurs dépeceurs.

Philippe Tesson se replie sur Le Quotidien de Paris mais le cœur n’y est plus. En 1994, il jette l’éponge. A-t-il des regrets d’avoir quitté la presse ? « Non. Tout au plus, une vague nostalgie. Mais un journal ne peut être efficacement dirigé que par un contemporain de son époque. Il y a trop de sensibilités d’aujourd’hui qui m’échappent. »

Le titre Combat qu’il a racheté lui appartient toujours : « Il demeure chargé à mes yeux d’une dimension affective, romantique. C’est ma jeunesse, mon innocence. Mais je suis trop vieux pour le relancer. Je n’en ai plus les moyens. Et tout a changé… »

PASSION DU THÉÂTRE

Philippe Tesson, qui rêvait de diriger un théâtre, caresse toujours le rêve de créer une maison de la culture pour réhabiliter le texte contre le culte de l’espace scénique qui le rebute. Et montrer que « les écrits philosophiques qui expliquent les enjeux de l’humanité ne se trouvent pas dans les éditos des journaux, mais chez Sophocle, Shakespeare, Marivaux, Beaumarchais, Kleist. »

Il lui arrive de lâcher : « J’ai raté ma vie : j’aurais dû faire du théâtre. Vivre pour le théâtre. Écrire des pièces, jouer. » En est-il si éloigné ? Il interprète avec une telle aisance son propre rôle. Sur les plateaux de télé, comme dans les magazines, ses sorties attirent les rappels. Au risque de passer pour ce qu’il n’est pas.

Erreur de perspective qu’il s’applique à corriger : « Nourri dans le respect d’une culture qui remonte à la Renaissance et que je persiste à trouver admirable, aux limites de la perfection, je suis choqué par la criminelle ingratitude de l’époque actuelle à l’égard de cet héritage. Il est criminel de trahir cette culture. Voilà ce qui me vaut d’être catalogué comme réactionnaire… »

Entre coquetterie et perpétuel amusement, Philippe Tesson tombe le masque, par moments : « Ma vie a toujours été un balancement entre une ambition élevée, spirituelle, à laquelle je peux difficilement me hisser, et l’autre part de moi-même, égoïste, hédoniste que j’ai cultivée, donnant le change. La méditation, y compris devant le miroir, m’amène à des conclusions très sévères. La théâtralisation abusive de mes passions, de mes enthousiasmes, de mes colères… Pour tout vous dire, je n’ai pas une très haute idée de moi-même. Et, en même temps, je me satisfais très bien de ce que je suis. »

Dans la conversation, Philippe Tesson revient sur son âge dont il assure ne pas ressentir les effets. Ce gourmet de la vie, toujours à l’affût, jamais lassé, qui tient le sommeil pour une perte de temps, avoue : « Si j’éprouve un tourment, c’est face à une évidence : le temps m’est compté. Un monde nouveau, déjà gros de révolutions, s’avance vers nous. Et je ne le vivrai pas ! »

JEAN-CLAUDE RASPIENGEAS



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